Essai transformé pour notre première sortie « Mer et montagne » DSCF0892 p
C’est au complet, à huit,  que nous appareillons avec Diadem un Océnanis 41 (12,43 m) vendredi 20 avril à 16h45, cap sur la calanque d’Envau, à côté de Cassis.

DSCF0870 pJe dois dire qu’au fil des heures la sérénité m’envahit. Pas seulement pour les dauphins qui nous font la grâce d’un ballet juste avant un coucher de soleil sur l’horizon dans un ciel dégagé, flamboyant. Mais aussi par la qualité de l’équipage. Olivier.D, tombé dans la marmite quand il était petit, prend plaisir à être sur toutes les phases de la manœuvre. Mieux que je ne l’aurais fait, seul. Ferdinand, ancien bosco de la Marine, semble avoir habité sur le bateau depuis toujours. Georges qui a fait sienne la double barre à roue à l’arrière. Guy, prompt à se rendre disponible, kayakiste, connait bien la mer. Ni le mal de mer, ni le mal de terre qu’il craignait ne l’auront perturbé. Le faible vent nous permet de dîner à bord, et de constater que Céline a pensé à tout en terme de logistique. Quant à Ilona, elle avait affiché la couleur, ses connaissances maritimes se limitent à la mention « sait nager ». Elle aura participé à quelques manœuvres. Enfin notre petite Maëlyne, en a profité pour terminer son livre de chevet, avec quelques passages à la barre, pour soulager Georges…
Au cours de la traversée nous révisons les techniques de relais en grande voie, avec assurage du haut, ainsi que les techniques de descente en rappel. Point d’autant plus important qu’une bronchite m’empêchera de guider les cordées dans la traversée Ramon.


A 22h30, de nuit, nous nous amarrons sur une bouée de la calanque d’Envau, au pied du plateau de Castelvieil. Seul un autre voilier est au mouillage.
itineraire pLe lendemain, j’accompagne les trois cordées au plateau de Castelvieil, au rappel du « trou du canon », point de départ de la traversée. Georges fait cordée avec Céline et Maëlyne, sur une corde à double de 100m, suivis par Ilona et Olivier, puis Guy et Ferdinand, chacun sur une brin de 50m de corde Joker. Frustré de ne pouvoir partir dans la voie j’installe les rappels, impressionnants, notamment pour Céline et Maëlyne pour qui c’est une première. Du haut j’oriente les cordées vers la deuxième longueur, pas évidente à trouver, puisqu’il faut s’engager dans un trou, justement peu engageant. Au fil de la progression Ilona prend l’itinéraire en main. Au deux tiers un rappel à la réception exposée apportera quelques frayeurs. La sortie en deux longueurs verticales de 5A patiné apportera aussi son lot de difficulté. Les leçons sont acquises : la première difficulté en grande voie est la recherche de l’itinéraire surtout quand le guide est HS, en traversée il ne faut pas hésiter à poser des points pour limiter les pendules en cas de chute des seconds, mais tout en veillant à limiter le tirage, et donc à poser des relais dès que l’on sent que la corde a du mal à suivre, en terrain facile progresser sur corde tendue, étudier l’itinéraire aller et retour avant de partir.
L’expérience collégiale aura permis de se sortir très honorablement de cette traversée Ramon. J’avais estimé à 8h d’activité. Quel soulagement que de les voir déboucher, sains et saufs, 8h45 plus tard, sur la plage d’Envau.
En effet, je n’avais d’autre choix que de guetter leur retour depuis le bateau, car, alors que nous étions amarrés sur les bouées qui ne sont finalement pas des corps morts, j’ai eu la visite, à deux reprises des gardiens du parc, pour nous inviter fermement à mouiller sur notre ancre. Sensibles à mes arguments de ne vouloir abîmer les fonds nous avons échappé à l’amende. Mais nous avons jeté l’ancre dès que possible.
Initialement, nous devions passer la nuit au port de Cassis. Hélas leurs contraintes horaires nous en empêcheront. La bonne logistique nous permettra d’assurer les repas en autonomie jusqu’à la fin. Finalement, nous sommes tellement bien, entre nous, à Envau, que nous y restons avec plaisir.
Ce choix, nous permet le lendemain avant de rallier Toulon, de faire un crochet par la traversée Ramon, depuis la mer. Commence alors le jeu de retracer l’itinéraire : trouver le trou du canon, puis celui franchi en deuxième longueur, les vires, les relais, le « petit rappel gazeux et exposé », la sortie en deux longueurs de 5A avec le tirage puisque réalisé en une seule longueur… Ce fût une vision rare de la voie, qui clôture admirablement cette belle aventure.
Le retour sous voile aura été un peu plus sportif, le vent s’étant levé un peu plus. Si nous marchions 7 nœuds au moteur, à l’aller, nous avons atteint les mêmes vitesse sous voile au retour, et la voile ça marche avec du vent, donc c’est vraiment mieux et surtout silencieux.
A 17h00 nous étions à quai au CNMT. En moins d’une heure, grâce aux efforts de chacun, à sa mesure, le bateau était prêt à être réutilisé. Rendez-vous le 30 avril pour une réédition, mais cette fois sur cinq jours.

 

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